60% de l’eau utilisée en France sert au refroidissement des centrales nucléaires.

En 2012, 39 départements étaient concernés par des restrictions d’eau (42 en 2011). Quarante-quatre des cinquante-huit réacteurs nucléaires en activité sont situées à proximité d’un fleuve ou d’une rivière(les quatorze autres sont en bord de mer). Les sécheresses que connait régulièrement le pays, peuvent-elles être à l’origine  d’une pénurie d’électricité ?

Eric BESSON, ministre chargé de l’Industrie, de l’Énergie et de l’Économie au sein du troisième gouvernement Fillon, avait mis en place en 2011, une cellule de veille sur la sécurité d’approvisionnement électrique de la France. Cette cellule a été créée en raison de l’exceptionnelle sécheresse que les français ont connue cette année. La sécheresse conduit à une diminution du débit dans les cours d’eau, ce qui peut avoir des conséquences sur l’électricité fournit par nos centrales nucléaires.

Il existe un lien fort entre le niveau des cours d’eau et le fonctionnement des centrales nucléaires (voir encadré). Sur les 19 centrales nucléaires françaises, presque toutes sont dans des zones en déficit d’eau. Quelles seraient les conséquences sur les réacteurs s’il venait à manquer d’eau ?

Lorsque le niveau d’eau d’une rivière baisse et dépasse un seuil d’alerte, et qu’il n’y a plus suffisamment d’eau pour les refroidir, les centrales nucléaires sont contraintes de réduire leur puissance  voire de stopper leur activité. L’arrêt d’un réacteur nucléaire doit être un minimum planifié, car même stoppé, il doit être continuellement être refroidi. En effet, si l’eau du circuit secondaire (qui lorsque transformée en vapeur, fait tourner la turbine produisant ainsi de l’électricité) n’a plus besoin d’être refroidie, le combustible qui se trouve dans la cuve du réacteur, quant à lui, continue de dégager de la chaleur et doit donc toujours être refroidi.

Il est question ici de sécurité énergétique. Aujourd’hui, le nucléaire représente 80% de notre mix énergétique. Parce qu’il ne rejette pas de CO2, les pros nucléaires explique que cette source d’énergie est une arme de lutte contre le réchauffement climatique. Cependant la bataille semble perdue sur ce front là. En effet, c’est ce même réchauffement climatique qui entraine à la fois une généralisation de la climatisation (et donc une augmentation de la demande en électricité) ainsi qu’un déficit des précipitations en été. Ce dernier impose de son côté, une réduction de la puissance des centrales. On se retrouve en quelque sorte dans un cercle vicieux énergétique. La question se pose, et si le futur de l’énergie, c’était moins d’energie ?


Notes

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